Cannes 2017 : « Avant que nous disparaissions »

Berlin Translate

 

Cannes 2017 : « Avant que nous disparaissions », les aliens ramènent l’humanité à l’état de brouillon

Le nouveau film de Kiyoshi Kurosawa est l’adaptation d’une pièce de théâtre parodique imaginant une invasion extraterrestre particulièrement originale.

Maintenant que Kiyoshi Kurosawa a retrouvé le rythme qui fut le sien dans les années 1990, soit celui de deux films par an environ, tout se passe comme si, creusant de plus en plus intensément le sillon de ses obsessions, l’auteur de Cure (1997) en déplaçait ouvertement ou de manière infime les enjeux. Après son expérience française (Le Secret de la chambre noire (2016) et son angoissant Creepy, dont la sortie en salles en France est prévue en juin), voici l’incroyable Avant que nous disparaissions. Un film que l’on pourrait ranger au rayon, peu arpenté jusqu’à présent par le cinéaste, de la science-fiction, si la notion de genre cinématographique accolée à son œuvre avait une véritable pertinence.

Avant que nous disparaissions est l’adaptation d’une pièce de théâtre parodique imaginant une invasion extraterrestre particulièrement originale. Non seulement les aliens prennent forme humaine en habitant le corps de personnes véritables dépossédées, dès lors, de leur esprit, mais ils ont également la capacité de « vider » de certains concepts, en appliquant un doigt sur leur front, le cerveau des Terriens qu’ils croisent. Que devient-on lorsque les notions de travail, d’amour, de famille ou d’autrui sont effacées de votre conscience ? Le spécimen d’une classe zoologique constituée d’étranges créatures incomplètes et infirmes, le brouillon d’une personne qui serait comme psychologiquement bâclée, inachevée.

Vision postmoderne

Ici, le cinéaste, transformé en petit chimiste fou se livrant à de dangereuses expériences, retrouve l’incroyable singularité de cette terreur proprement philosophique, mais aussi subtilement poétique, que suscitait la vision de ses films. Mais Avant que nous disparaissions déplace aussi la vision postmoderne caractéristique du cinéma du réalisateur, cette manière de représenter une espèce disparue ou en voie de l’être, une figure humaine devenue pure empreinte ou simple fantôme.

Enfin, le nouveau film en date de Kiyoshi Kurosawa ne serait rien sans cette science ahurissante de la mise en scène, cette alliance diabolique du cadre angoissant et de la bande sonore menaçante. En partant des situations les plus familières, le Japonais parvient toujours à susciter un effroi sans nom, à exprimer le sentiment d’une imminence de la catastrophe et du chaos, à isoler un sourd désir de mort inhérent à toute société, fusse-t-elle la plus policée du monde.


En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/festival-de-cannes/article/2017/05/22/cannes-2017-avant-que-nous-disparaissions-les-aliens-ramenent-l-humanite-a-l-etat-de-brouillon_5131555_766360.html#SILSIAryBCbowko1.99

close
Agence de traduction traductions dans de nombreuses langues

Ne manquez pas nos astuces !

Nous ne spammons pas ! Consultez notre politique de confidentialité pour plus d’informations.

Florian Ravaux
Breton d’origine, Florian Ravaux a peur d’une seule chose : que le ciel lui tombe sur la tête. Né à Rennes en 1983, Florian a suivi des études de droit en Bretagne à l’université de Rennes 1 ainsi qu’en Allemagne au sein de la Humboldt Universität de Berlin. Au cours de ce cursus, il se spécialise dans le droit européen. Il a également obtenu un master en sciences-politique de l‘institut des hautes études européennes de Strasbourg en partenariat avec Sciences-po Strasbourg.

N'hésitez pas à répondre

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

%d blogueurs aiment cette page :
Berlin Translate hat 4,91 von 5 Sternen 421 Bewertungen auf ProvenExpert.com