Les relations franco-allemandes

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Les relations franco-allemandes

Le couple franco-allemand: une relation passionnelle entre amour et trahison

Longtemps « ennemies héréditaires », l’Allemagne et la France ont scellé depuis plus d’un demi-siècle une relation de coopération et d’amitié exemplaire via la création de l’union européenne. Cette œuvre de réconciliation, inédite à l’échelle du monde, est jusqu’à aujourd’hui un des plus grands symboles de réussite dans les relations franco-allemandes. En dehors du cadre institutionnel européen, les relations entre Paris et Berlin ont également été nourries par des intellectuels, des artistes permettant aux deux nations de forger une identité européenne forte et sincère. Toutefois et peut être à l’image de tous les couples, les relations franco-allemandes se tendent et se rapprochent en fonction du contexte et des difficultés économiques.  Ainsi pendant de nombreuses années l’iconographie « populaire »  représentera la relation franco-allemande comme une relation de barbare à civilisé. Le XIXe siècle sera également le témoin d’une relation franco-allemande conçue en termes d’antagonismes et de différences fortes entre les deux peuples et ce à tel point que les allemands utiliseront volontier le terme de « Hassliebe », « amour-haine » pour qualifier les relations franco-allemandes. Parallèlement, les échanges franco-allemands sont devenus courants et l’attractivité réciproque. Ainsi, la ville de Berlin attire de nombreux français et parisiens par son dynamisme et sa culture.  Retour en quelques paragraphes sur les mystères et les charmes des relations franco-allemandes.

Les guerres franco-allemandes

En France, le conflit de 1870 et la dureté des conditions de paix imposées par la Prusse ont constitué un grand choc, et même certains « passeurs » entre les deux pays, comme Ernest  Renan, se trouvent dégrisés : « Le peuple que j’avais toujours présenté à mes compatriotes comme le plus moral et le plus cultivé s’est montré à nous sous la forme de soldats ne différant en rien des soudards de tous les temps, méchants, voleurs, ivrognes démoralisés. (…). Ce que nous aimions dans l’Allemagne, sa largeur, sa haute conception de la raison et de l’humanité, n’existe plus. »  Les stéréotypes élaborés à cette période ressurgissent avec violence et se radicalisent dans la Première Guerre mondiale. Les figures de Germania énormes et vulgaires se multiplient dès 1914 dans le dessin satirique, mais les images prennent très fréquemment un tour beaucoup plus menaçant : l’affrontement de la France et de l’Allemagne apparaît irrémédiablement comme une lutte de la civilisation contre la barbarie (la « Kultur » allemande tournée en dérision). On trouve dès lors Guillaume II en « empereur des barbares » terrassé par le coq triomphant, et l’on représente le « soldat boche » en meurtrier de femmes, d’enfants ou d’hommes à terre, comme dans une célèbre carte postale opposant « barbarie allemande » et « générosité française »

L’union européenne symbole de la relation franco-allemande d’après-guerre

L’après Seconde Guerre mondiale sera marqué par un véritable retournement de situation passant de la haine insufflé par les deux conflits mondiaux à une volonté fraternelle de faire prospérer de nouveau le continent européen. Ainsi,  à partir de 1963 et le  traité de l’Élysée (que les Allemands surnomment le traité d’amitié franco-allemand), s’institutionnalise le modèle du couple  franco-allemand. Après deux conflits sanglants,  la France et l’Allemagne ont placé leur coopération sous le signe de la construction européenne. C’est de leur volonté de rapprochement, symbolisée par la déclaration Schuman du 9 mai 1950, que sont ainsi nés la Communauté Européenne de l’Acier et du Charbon (CECA) puis les deux Traités de Rome de 1957, instituant la Communauté Economique Européenne (CEE) et la Communauté Européenne de l’Energie Atomique (Euratom).

« L’Europe ne se fera pas d’un coup, ni dans une construction d’ensemble : elle se fera par des réalisations concrètes, créant d’abord une solidarité de fait. Le rassemblement des nations européennes exige que l’opposition séculaire de la France et de l’Allemagne soit éliminée : l’action entreprise doit toucher au premier chef la France et l’Allemagne. »

L’unification et la réactivation des peurs

Alors que la France avait pu après 1945 aimer sans complexe une Allemagne faible et divisée, en 1989, l’Allemagne en passe de s’unifier redevient potentiellement une force politique.  Le souvenir du passé douloureux de la relation franco-allemande pèse alors très lourdement du coté français : du Drang nach Osten médiéval aux tentatives d’Europe allemande à l’ère hitlérienne, en passant par la grande époque du militarisme prussien, le thème de l’« exception allemande » (Sonderweg) ressurgit. De manière anecdotique mais au combien révélatrice,  le président Mitterrand ne reprendra jamais à son compte la fameuse phrase de François Mauriac, « j’aime tellement l’Allemagne que je préfère qu’il y en ait deux », tout en admettant en 1995 qu’il aurait mieux valu garder une Allemagne de 60 millions d’habitants.

La génération Erasmus et l’attrait de Berlin des années 2000

Charmés par la qualité de vie de la capitale allemande et son dynamisme,  de plus en plus de jeunes Français décident de venir habiter dans la capitale allemande soit au cours de leur étude dans le cadre du programme européen Erasmus ou bien une fois leur étude accomplie afin d’acquérir rapidement de nouvelles expériences professionnelles à l’international. Ainsi certains français n’hésitent pas à venir travailler à Berlin tout en continuant à travailler pour une clientèle française.  Graphiste, artiste mais également intellectuel, ingénieurs dans le secteur du numérique viennent s’installer dans la capitale germanique pour fuir le côté stressant, bruyant et gris de Paris et profitez du dynamisme et de la qualité de vie qu’offre Berlin.  Alors que Paris a longtemps représenté auprès des jeunes allemands et allemandes le savoir-vivre, nombres de français et parisiens choisissent Berlin pour son dynamisme sa créativité et…. son art de vivre. 

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Florian Ravaux
Breton d’origine, Florian Ravaux a peur d’une seule chose : que le ciel lui tombe sur la tête. Né à Rennes en 1983, Florian a suivi des études de droit en Bretagne à l’université de Rennes 1 ainsi qu’en Allemagne au sein de la Humboldt Universität de Berlin. Au cours de ce cursus, il se spécialise dans le droit européen. Il a également obtenu un master en sciences-politique de l‘institut des hautes études européennes de Strasbourg en partenariat avec Sciences-po Strasbourg.

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